|
|BIBLIOTHEQUE PRIMOLI| 
HISTOIRE ET FORMATION
|
Le comte Primoli avait de bonnes habitudes de bibliophile et de lecteur : il annotait souvent sur le volume qu'il achetait ou recevait en don les circonstances et la date, et il en parlait parfois plus abondamment dans son journal. Avec cette documentation de première main, nous pouvons le suivre dans la formation de sa bibliothèque, splendide après l'agrandissement et la restauration de son palais, achevés en 1911.
Ce sont des salles vastes et lumineuses, entièrement recouvertes d'étagères surmontées d'une série de vues de Rome, de toiles du XVIIIe de l'école de Vanvitelli, avec des boiseries, de petites loggias, des balustrades, des transennes, des plafonds à caissons, des festons et des listes de noms, en gros caractères dorés, d'écrivains et de personnages de tous les temps et de tous les pays, un portrait de femme à l'huile dans le style de Léonard ou de Luini (représentant une Joconde nue), mais aussi des bustes antiques en marbre ou plus modernes en plâtre. |


 |
 |
 |
| Le comte y a réuni et rangé en bon ordre une quantité de livres vraiment considérable : incunables, éditions du XVIe siècle, éditions précieuses du XVIIe et du XVIIIe siècle et d'innombrables textes du XIXe siècle, presque tous en édition originale. Il ne négligeait aucune occasion, à Rome, à Paris ou ailleurs, et dans les librairies, les ventes publiques ou de charité, chez les antiquaires et chez les bouquinistes, d'acheter volume sur volume. Ajoutons qu'il reçut en cadeau beaucoup d'autres livres, surtout de la part de ses très nombreux amis écrivains français et italiens, publiés au cours du demi-siècle qui va de 1875 à sa mort en 1927. Sa bibliothèque s'enrichit aussi pour une raison ou une autre (dons, legs ou achats) de nombreux autres livres provenant des bibliothèques de sa vaste parenté romaine et française : les livres écrits ou possédés par ses ascendants directs (ses arrière-grands-pères Lucien et Joseph Bonaparte, son grand-père Charles Lucien, sa grand-mère Zénaïde, son grand-oncle Luigi, son oncle cardinal Luciano, sa tante Giulia, sa mère Charlotte et sa tante Mathilde), ceux des nombreux autres membres de la famille Bonaparte de Rome : les Campello, les Gabrielli, les Ruspoli, les Valentini, les Del Gallo di Roccagiovine et les Borghese. Rares sont les volumes qui ne sont pas « personnalisés », c'est-à-dire dont les feuilles de garde ne contiennent pas une note qui indique leur origine ou leur histoire, ou un
ex-libris ou une dédicace. |
 |
| Il s'agit donc d'une bibliothèque imposante et riche, mais aussi de choix, qui ne néglige pas les
classiques anciens, grecs et latins, ni le
Moyen Age, ni la grande floraison littéraire de la
Renaissance et du Baroque, et italienne, française, espagnole ou anglaise, mais qui réunit surtout des
textes des XVIIIe et XIXe siècles et du début du XXe siècle arrivés là à mesure de leur publication, et qui privilégie, outre la
littérature, certains domaines spécifiques :
l'histoire, les mémoires, le théâtre, les arts figuratifs; et aussi des livres de religion et d'histoire ecclésiastique, de voyage et de sciences, et des dictionnaires, des almanachs, des curiosités, avec un vaste secteur réservé à Napoléon et à son épopée, aux événements fastes ou funestes du Premier et du Second Empire, aux histoires ou aux péripéties y compris littéraires de toutes les branches de la famille Bonaparte. Ajoutons que cette bibliothèque possède une abondance de livres reliés, et beaux, mais qu'il s'agit presque toujours de reliures d'époque, c'est-à-dire originales, comme les éditions. On a l'impression que le comte préférait acheter un nouveau livre plutôt que d'en faire relier dix. Car il lisait les livres qu'il collectionnait, ou en tout cas il les parcourait : rares sont en effet ceux qui ne sont pas coupés. |
 |
| |
|
 |